Le Livret A au risque des EPR2. Six réacteurs et 60 milliards pris sur l’épargne des Français

Note de décryptage de l’association Énergies Renouvelables Pour Tous. N° 10, octobre 2026

L’État a fait le choix d’un traitement de faveur du programme EPR2, en lui faisant bénéficier de
l’aide du fonds d’épargne de la Caisse des dépôts et consignations, issu des livrets réglementés.
Après un nécessaire décryptage du dispositif, cet engagement considérable, 60 milliards
d’euros prêtés sans intérêt pour l’emprunteur pendant la construction, puis 44 à 89 milliards
d’euros d’intérêts à la charge ou sous la garantie de l’État, pose plusieurs questions.

Premièrement, un risque de liquidité, l’investissement dans le nucléaire étant à la fois plus
incertain et moins liquide que celui dans le logement social, et susceptible de créer à terme de
la dette publique.


Deuxièmement, un problème d’échelle, ce recours au fonds d’épargne étant un « fusil à un
coup » qui ne permettrait pas le passage à 14 réacteurs, et encore moins à 20, étant donné les
règles prudentielles du fonds.


Troisièmement, une question d’opportunité, d’abord par ses effets indirects sur le financement
du logement social, ensuite parce que les causes urgentes et souveraines qui justifieraient un
tel régime préférentiel d’accès à l’épargne des Français sont nombreuses et concurrentes, de
l’adaptation au changement climatique du logement social et des bâtiments publics à la défense,
à la relance ferroviaire et à la transition énergétique et écologique.


Quatrièmement, une vraie question démocratique, tout ce schéma étant discuté dans le secret
du Conseil de politique nucléaire, des cabinets et d’une relation confidentielle avec EDF, les
seuls garde-fous restants ceux, bien relatifs, de la Cour des comptes et de la Commission
européenne. Le risque est de remplacer par un « fait du prince » des principes de gestion et
une autonomie de la Caisse des dépôts que la loi place sous la surveillance du Parlement, et,
au bout du compte, de saper la confiance qui fait tout l’ADN de cette institution.


Dans ce contexte, l’association Énergies Renouvelables Pour Tous demande un vrai débat
démocratique sur ce financement du programme EPR2, ce qui, de fait, reportera la décision
après l’élection présidentielle de 2027.

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