Un article de Ghislain Dubois
Le photovoltaïque n’aurait besoin, pour un développement rapide et très bon marché, que de 0,17% à 0,5% des surfaces agricoles françaises. Pourtant, la loi APER du 10 mars 2023 a drastiquement réduit les possibilités d’utilisation de ces sols agricoles, même non vivriers, même polluants, même en crise ou en friche. Juste qu’à des solutions absurdes, où l’on favorise les biocarburants, 30 à 100 fois moins efficaces qu’un hectare de photovoltaïque pour faire rouler une voiture ! Un retour encadré à l’utilisation directe de terres agricoles, sans agrivoltaïsme, pour de grandes centrales photovoltaïques au sol, apparaît pourtant comme un scénario gagnant- gagnant, pour le climat comme pour les agriculteurs. Reste à lever la barrière réglementaire de l’interdiction de l’utilisation des terres arables par la loi du 10 mars 2023, et à changer le récit national selon lequel toute exploitation agricole, même polluante, non rentable ou condamnée, serait indispensable à notre pays.Le projet de décret agrivoltaïsme annoncé le 6 décembre 2023 ne résout par cette question, et traduit bien les ambiguïtés françaises, tant sur l’agriculture que sur les énergies renouvelables.